Accrochée par une tenace équipe d'Iran, la Belgique se complique la vie dans la course aux 16es de finale de la Coupe du monde
Malmenée par l'organisation américaine, contrainte de regagner le Mexique à l'issue de la rencontre, l'Iran a créé la sensation en tenant en échec (0-0) une équipe de Belgique tendue qui n'a pas assumé son statut, dimanche. Portés par une partie du public, les joueurs d'Amir Ghalenoei ont frôlé l'exploit après avoir marqué en première période. Avant que cette ouverture du score de Mehdi Taremi ne soit annulée pour une infime position de hors-jeu. Les Iraniens sont restés dangereux en seconde période et, à onze contre dix dès la 66e minute, ils sont parvenus à résister à la pression des Diables Rouges.
Empruntés et impatients, les joueurs belges ont raté leur début de Coupe du monde, après un nul (1-1) contre l'Égypte. Ils restent maîtres de leur destin car un succès impératif contre la Nouvelle-Zélande le 26 juin (5 heures du matin en France) leur offrira la qualification. Mais ce deuxième nul remet en cause leur confiance et fragilise leurs certitudes. Notamment l'apport de Romelu Lukaku, en total manque de rythme, ou l'apport de plusieurs cadres qui n'ont pas été au rendez-vous

L'Iran privé de réussite
Sans le VAR, l'Iran aurait ouvert le score sur une superbe combinaison qui a ridiculisé la défense belge. Mais Taremi était hors-jeu d'un centimètre et son but, qui concrétisait les intentions minimalistes iraniennes (25e), à savoir fermer le jeu en 5-4-1, jouer les contres et les coups de pied arrêtés à fond, a été annulé.
La première meilleure occasion concernait déjà le passeur pour l'avant-centre iranien, puisque Salah Hardani avait sollicité Thibaut Courtois d'une reprise depuis l'intérieur de la surface belge, contraignant le gardien du Real Madrid à une parade majeure main droite ferme (14e).
Pendant toute une première période, la Belgique a manqué d'agressivité ou de justesse dans ses derniers gestes. À force de buter sur son adversaire expérimenté, particulièrement hermétique, elle a été gagnée par une certaine nervosité laissant les Iraniens remporter les duels offensifs, notamment aériens.
Seul le contre-pressing a laissé une large possession aux joueurs de Rudi Garcia. Mais ils n'ont pas concrétisé leurs intentions, faute de présence dans la surface. Un périmètre où Romelu Lukaku, titulaire en raison de douleurs à un genou de Charles de Ketelaere, a énormément manqué de puissance.
Seul Leandro Trossard est parvenu à bouger Hardani, rare point positif pour les coéquipiers de Kevin De Bruyne, pas dans un très grand jour. Sur l'une des rares et nettes percées belges, le tir cadré de Youri Tielemans a été détourné en corner par Beiranvand (22e).
Courtois sauve la nation, Ngoy la met dans l'embarras
Pour sortir l'Iran de son confort défensif et éviter de sombrer dans l'agacement, la Belgique avait décidé de hausser le ton, d'accélérer ses transmissions après la pause. Mais c'est encore son gardien, Thibaut Courtois, qui l'a maintenue en vie en repoussant d'une nouvelle parade impressionnante une reprise cadrée de Taremi (53e). Avant que le sélectionneur français ne renforce son milieu avec l'entrée d'Hans Vanaken au détriment de Raskin et fasse appel à Dodi Lukebakio pour attaquer la profondeur (58e).
La pression belge s'est accentuée sur les buts d'Alireza Beiranvand, auteur d'un arrêt exceptionnel au sol sur un essai à bout portant de Maxim De Cuyper (58e). Le problème, c'est que Nathan Ngoy a annulé cette domination en étant logiquement expulsé après une passe en retrait manquée et une faute volontaire pour rattraper son erreur de concentration (66e).
À dix contre onze, la Belgique est passée en 4-4-1 avec la sortie de Romelu Lukaku au profit d'Arthur Theate (73e). Elle a cherché à protéger le nul. Son gardien a même dû opposer en deux temps son envergure sur une frappe cadrée de Saeid Ezatolahi (82e) après une perte de balle de De Bruyne. En fin de rencontre, Maxim De Cuyper n'a pas réussi à tromper Beiranvand (86e). Matias Fernandez-Pardo a voulu créer l'exploit tout seul et Dodi Lukebakio n'a pas cadré sa frappe enroulée (90e + 4). Le Plat Pays aura une pression maximale face à la Nouvelle-Zélande, le 26 juin.
